Le samedi 17 mars, nous nous sommes réunis, salle Latapie, à La Brède. Nous avons commencé l'année 2012 par notre Assemblée Générale, suivie d'une conférence de madame Phiquepal. Notre ambigu rituel a eu lieu au restaurant "Le Philosophe".
Souvenez-vous, Madame Phiquepal, historienne-paysagiste (missionnée par la DRAC Aquitaine) nous avait fait le privilège de découvrir in situ le démarrage de la restauration du parc du Château de La Brède (voir article sur blog du 26/06/2009). Elle nous a fait la gentillesse de revenir nous exposer l'avancement des travaux. Grâce au plan établi trois ans après le décès de Montesquieu, retrouvé à la bibliothèque de Bordeaux, réapparaît petit à petit la composition très élaborée de ce parc de 150 hectares.
Au bout de la longue allée, la ferme, appelée "ménagerie" au XVIIIème siècle, a été imaginée par Montesquieu pour jouer avec le château. S'inspirant du modèle de Chantilly où il avait séjourné, elle s'en différencie par l'originalité de son environnement et devient ainsi un élement architectural statégique dans l'organisation du parc.
Derrière la ferme se trouve un bois de chênes utilisé pour la chasse dont les allées cavalières dessinent une étoile et mènent à un rond-point de 16 mètres de diamètre. Puis viennent les parcelles cultivées et les pins gémmés. Et enfin, dans la partie haute un petit espace planté de vignes qui a permis à Montesquieu d'utiliser l'appelation "Château de La Brède" pour l'ensemble de sa production viticole.
Lorsqu'on visite le château, depuis la cour, on devine l'agencement initial du parc à " la française", remis en état petit à petit par les récents travaux. La fenêtre de la bibliothèque au premier étage, a été prise comme point de départ de l'axe traversant l'espace jusqu'au "bosquet". Au premier plan l'actuelle prairie (dite tapis vert) remonte en créant une perspective circulaire, composition utilisée par Le Nôtre dans ses créations. Le cadran solaire, fabriqué pour être placé à cet endroit précis, destiné aux paysans travaillant dans les champs, nous rappelle que le château était avant tout une propriété agricole.
Le parc que nous connaissons a donc été élaboré en deux temps : avant 1728, c'est le parc "à la française", après 1740, celui "à l'anglaise".
Madame Phiquepal nous explique que grâce aux plans, l'équipe de restauration a nettoyé et débroussaillé petit à petit le terrain et redécouvert le système d'irrigation très élaboré imaginé par Montesquieu. L'eau arrive du petit ruisseau dit "le Brousteyrot" visible depuis le jardin (contigü à droite de la ferme) et entre de manière souterraine dans les douves. A partir de cette alimentation naturelle, l'eau est redistribuée dans le parc par tout un système de fossés, de ruisseaux, l'acheminant jusqu'au "bosquet". Cet aménagement subtil permettant à la fois d'irriguer les plantations, d'amener de la fraîcheur en été et constituant un décor, est réapparu lors de la première tranche de travaux. Des petits ponts restaurés par un architecte du Patrimoine participent aussi à cette composition harmonieuse.
Le visiteur ayant traversé le "tapis vert", emprunte l'allée Madame (du nom de la duchesse de Berry venue au château au XIXème siècle) et découvre le double système d'allées en forme d'étoile le menant à la salle verte au centre du "bosquet".
Le "bosquet" est un petit bois d'agrément de 4 hectares, planté d'arbres et traversé d'allées selon un plan très sophistiqué. Il avait pour vocation d'être parcouru à cheval, à pied ; c'était un lieu de distraction, de rencontres... Le plan retenu ici par Montesquieu est le modèle le plus complexe des projets dessinés par Antoine-Joseph Désallier d'Argenville dans son traité "Théorie et Pratique du Jardinage". Nous ne savons pas pourquoi ce choix....
L'espace délimité par les allées forme des triangles eux-mêmes découpés en "carreaux" plantés de multiples végétaux. Des haies de charmilles délimitent les "carreaux" et protègent les essences indigènes qui les remplissent (chênes, charmes, houx, troênes, alisiers, pruneliers, viornes, sorbiers...), le tout composant haute-futaie et sous-étage. Toutes ces espèces qui avaient proliféré en toute liberté depuis le XVIIIème siècle ont fait l'objet d'une réorganisation et de plantations rigoureuses afin que soit retrouvé le paysage initial. Les "carreaux" sont bordés de rigoles, arrosage automatique du XVIIIème siècle !
C'est du parterre central de forme octogonale, bordé de seize épicéas que partent les huit allées principales (4 allées médianes et 4 diagonales). Les quatre médianes conduisent à quatre salles secondaires plantées de topiaires, portant le nom des végétaux qui les composent (salle des houx, salle du chêne vert, etc...). D'ici quelques mois, vous aurez le plaisir de découvrir et de fouler ces allées en terre battue pour les unes et gravées pour les autres, restitution exacte du XVIIIème siècle utilisant les matériaux locaux. Rendez-vous pour une prochaine rencontre dans ces lieux magiques.
Et, c'est en compagnie de Monsieur le maire que nous avons pris l'apéritif au "Philosophe" avant de consommer notre ambigu rituel !
PARIS
SAVANT



Le jeudi, c'est Christine (guide de métier) et
Françoise qui ont eu l'honneur et le plaisir d'accueillir Pawel à la descente du train et de lui faire découvrir Bordeaux. En prélude à la visite pédestre de la ville, la dégustation de quelques
huîtres permettait au trio de faire connaissance et de prendre des forces pour ensuite découvrir entre autres, les Places de la Bourse, du Parlement et Saint Pierre, la Grosse Cloche
et la rue Saint James, la maison de Jeanne de Lartigue, le musée des Arts Décoratifs, etc... Pawel a été surpris et séduit par la richesse du patrimoine de cette cité classée qu'il a
"arpentée" pendant plus de trois heures.
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